Publier les résultats d’un essai clinique est une étape décisive dans le processus de développement d’un médicament ou d’un dispositif médical. Cette publication contribue non seulement à la diffusion des connaissances scientifiques, mais aussi à la valorisation des recherches menées, qu’elles soient à promotion académique ou industrielle. Dans ce contexte, bien choisir son journal scientifique est essentiel pour maximiser l’impact de ses travaux et répondre aux exigences réglementaires et éthiques. Voici les principaux critères et étapes à considérer.
Publier les résultats d’un essai clinique : un enjeu stratégique pour les promoteurs
Le choix du journal scientifique ne doit pas être une simple formalité. Il s’agit d’un acte stratégique qui engage la visibilité des résultats, leur crédibilité, et potentiellement leur reconnaissance par la communauté scientifique et les autorités de santé. Chez BluePharm, acteur engagé dans la valorisation des essais cliniques en Europe, nous observons que ce choix conditionne souvent la suite du parcours réglementaire, notamment en matière d’autorisation de mise sur le marché (AMM) et de remboursement.
1. Définir la portée et la cible de la publication
Avant même de penser à un titre de journal, il est essentiel de clarifier :
- Le type d’essai clinique (précoce, pivot, post-AMM)
- L’objectif principal (efficacité, tolérance, biomarqueurs, etc.)
- Le public cible (cliniciens, chercheurs, décideurs politiques, industriels)
Par exemple, un essai de phase I pourra viser un journal de pharmacologie ou de toxicologie, tandis qu’un essai pivot randomisé en phase III s’orientera vers une revue généraliste à haut facteur d’impact comme The Lancet ou The New England Journal of Medicine (NEJM).
2. Vérifier le facteur d’impact… mais pas seulement
Le facteur d’impact (Impact Factor) reste un indicateur de choix pour beaucoup. Il reflète le nombre moyen de citations des articles publiés dans une revue. Toutefois, il ne doit pas être le seul critère. Des revues plus spécialisées mais reconnues dans leur domaine (comme Clinical Trials ou Journal of Clinical Oncology) peuvent offrir une visibilité ciblée et une audience mieux qualifiée.
Par ailleurs, l’indice H5, la rapidité de publication, et la visibilité sur PubMed Central ou Google Scholar sont aussi des facteurs à considérer.
3. Open Access ou abonnement ? Une question de diffusion
Les revues en accès libre (Open Access) permettent une diffusion immédiate et gratuite des résultats. Ce modèle est encouragé par de nombreux financeurs publics et conforme au règlement européen 536/2014, qui promeut la transparence des données cliniques. À titre d’exemple, BMJ Open ou PLOS ONE offrent une publication rapide, moyennant des frais de traitement (APC).
Pour les promoteurs académiques ou les industriels accompagnés par BluePharm, l’accès libre représente souvent un avantage compétitif, en facilitant la démonstration de la valeur scientifique d’un produit innovant auprès d’investisseurs ou d’institutions.
4. Évaluer la rigueur éditoriale et les délais
Tous les journaux ne se valent pas en termes de processus éditorial. Il est donc indispensable de s’informer sur :
- Le taux de rejet
- Le délai moyen entre soumission et acceptation
- La transparence du peer-review
Les plateformes comme Scimago Journal Rank, JournalGuide ou Think.Check.Submit permettent de détecter les revues prédatrices, malheureusement encore trop présentes dans le domaine biomédical.
5. S’assurer de la compatibilité avec les exigences réglementaires
Dans le cadre d’un essai encadré par le règlement européen n°536/2014, la publication des résultats est une exigence éthique et réglementaire. Le système CTIS (Clinical Trials Information System) impose la transmission des résultats dans un délai maximal d’un an après la fin de l’essai. Il est donc capital de choisir une revue compatible avec ces délais et ouverte à la publication de résultats dits « négatifs » ou non concluants.
6. L’importance de la transparence et de l’accès aux données
De plus en plus, les revues exigent l’enregistrement préalable de l’essai dans un registre public (comme ClinicalTrials.gov ou EudraCT), ainsi que la mise à disposition des données brutes (data sharing). Cette transparence est alignée avec les bonnes pratiques cliniques (ICH-GCP) et les valeurs défendues par BluePharm dans son accompagnement aux projets de recherche.
Conclusion
Le choix du journal pour publier les résultats d’un essai clinique repose sur une stratégie éditoriale équilibrée entre impact scientifique, visibilité, conformité réglementaire et accessibilité. Que vous soyez un chercheur académique ou un promoteur industriel, une planification rigoureuse de cette étape est cruciale pour donner à vos données la reconnaissance qu’elles méritent. Dans un environnement européen harmonisé et exigeant, comme le souligne BluePharm dans son accompagnement, la publication n’est pas un aboutissement, mais bien le socle d’une valorisation continue des résultats cliniques.






