Accès ouvert aux résultats de la recherche scientifique française : un impératif de santé publique ?

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Maurice Bagot D'arc

Ancien Directeur Médical international d’un grand groupe américain, Médecin, Chirurgien, diplômé en cancérologie et en marketing pharmaceutique, cumulant plus de 30 ans en tant d’expérience en Affaires Médicales au service des industries de santé et 15 ans de pratique chirurgicale.

L’accès ouvert aux résultats de la recherche clinique est suivi par le Baromètre de la science ouverte depuis 2018. Initialement centré sur les publications scientifiques françaises, il s’est enrichi d’un volet relatif à la recherche en santé, qui mesure notamment le partage des résultats des essais cliniques et études observationnelles.

Le Baromètre de la science ouverte 2025 a récemment mis en lumière une réalité troublante : près d’un essai clinique sur deux mené en France entre 2013 et 2023 n’a donné lieu à aucune publication accessible. Ni sur les registres réglementaires (comme EudraCT ou ClinicalTrials.gov), ni dans les revues scientifiques. Un chiffre encore plus préoccupant dans le secteur public, où 78 % des essais finalisés en 2021 sont restés dans l’ombre, contre 30 % dans le privé. Cette non-publication n’est pas un simple oubli.

Elle constitue une entorse à la loi (notamment au règlement européen n°536/2014) et une entrave à la transparence scientifique. Elle affaiblit la qualité des méta-analyses, alimente les biais de publication, et crée des lacunes dans les bases de données utilisées pour orienter les décisions médicales.

Favoriser l’accès ouvert aux résultats de la recherche clinique : plus qu’une formalité, une responsabilité

La publication des résultats d’un essai clinique, qu’ils soient positifs ou négatifs, est une étape fondamentale du cycle de la recherche biomédicale.

Elle garantit que les connaissances générées ne sont pas perdues, qu’elles profitent à la communauté scientifique et, in fine, aux patients.

Mais publier reste un parcours compliqué pour de nombreux promoteurs – qu’ils soient académiques ou industriels :

• Choix du journal scientifique : impact, délai et audience, l’équation est complexe.

 • Contraintes réglementaires : la publication dans les 12 mois après la fin de l’essai est obligatoire au sein de l’UE via le système CTIS.

• Coûts de publication en open access, souvent prohibitifs pour les structures publiques.

 • Rigueur des processus éditoriaux, parfois décourageante pour les jeunes chercheurs.

 La transparence scientifique, un levier stratégique Face à ces défis, certains acteurs se mobilisent.

BluePharm, entreprise spécialisée dans l’accompagnement du développement clinique, est très impliquée pour aider à valoriser vos essais cliniques.

Son approche repose sur trois piliers :

• Anticipation éditoriale dès la phase de design de l’essai.

 • Conformité réglementaire, en lien étroit avec les autorités de santé européennes.

• Visibilité ciblée, avec un accompagnement à la sélection des revues pertinentes (Open Access, indexation, rapidité…).

L’objectif : éviter que trop de résultats restent invisibles alors qu’ils ont mobilisé des années de travail et souvent l’espoir de patients volontaires.

Les bonnes pratiques à retenir

Pour éviter que les données d’un essai ne sombrent dans l’oubli, voici quelques recommandations simples et pratiques :

1. Enregistrer systématiquement l’essai avant son lancement (ClinicalTrials.gov, EudraCT, etc.).

2. Planifier la publication en amont avec une stratégie éditoriale claire.

3. Ne pas négliger les résultats négatifs en sachant les commenter,`

 4. Favoriser les revues open access soutenues par des financeurs publics,

5. Partager les données brutes, selon les standards FAIR (Findable, Accessible, Interoperable, Reusable).


En conclusion

Dans un contexte où la science ouverte devient une norme attendue, publier les résultats d’un essai clinique ne peut plus être perçu comme une option. C’est un devoir scientifique, éthique et réglementaire. C’est aussi une manière de renforcer la confiance entre chercheurs, institutions et citoyens. La France, malgré ses compétences reconnues en recherche clinique, ne pourra rester compétitive qu’en améliorant la traçabilité et la transparence de ses essais. Et cela commence par une publication rigoureuse et accessible.

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